ÉDUCATION MULTIMÉDIA COMMUNIQUER RESSOURCES PRÉVENTION COMPORTEMENT INTERNET RÉPONSES COMPRENDRE CITOYENNETÉ NUMÉRIQUE QUESTIONS

1. Un « permis de conduire » numérique à trois étapes

Le 17 septembre 2026, la Commission européenne a présenté l’EU Kids Act (acronyme officiel de EU Keeping Internet Digital Spaces Accountable and Trustworthy), une proposition de règlement pour protéger les mineurs en ligne. Concrètement, ce texte fonctionne comme un permis progressif : avant 13 ans, aucun compte sur les réseaux sociaux ; entre 13 et 15 ans, accès via un « mini-compte » créé et supervisé par un parent, avec des fonctionnalités limitées, des contacts restreints et une heure d’utilisation maximum par jour ; à partir de 15 ans seulement, un ado peut enfin ouvrir son propre compte, sur des plateformes tenues de respecter des règles de sécurité renforcées (Euronews, Touteleurope.eu). L’objectif affiché : harmoniser des règles nationales aujourd’hui très disparates et appliquer la même protection à tous les enfants européens.

2. Pourquoi maintenant ? Parce que les écrans ont changé de nature

Le texte fait suite au travail d’un groupe d’une soixantaine d’experts (pédopsychiatres, neurologues, associations de parents) réuni à la demande d’Ursula von der Leyen, et à un constat chiffré saisissant : les ados européens passent en moyenne 4,5 heures par jour devant les écrans en semaine, 6,1 heures le week-end, et une enquête Eurobaromètre de 2026 montre que 92 % des Européens jugent prioritaire de mieux protéger les enfants en ligne (Clubic, Représentation de la Commission en France). L’idée de fond : ce ne sont plus de simples espaces de convivialité, mais des « systèmes très sophistiqués conçus pour capter et monétiser l’attention », comme le résume Eurochild. Le Kids Act renverse donc la charge : ce n’est plus aux familles de se débrouiller, c’est aux plateformes de prouver qu’elles sont sûres dès la conception — fin des défilements infinis, de la lecture automatique, des notifications à répétition et des mécanismes addictifs pour les mineurs.

3. Ce que ça change vraiment (et ce que ça ne change pas encore)

Point capital à vulgariser : rien n’est encore applicable aujourd’hui. Le Kids Act est une proposition, qui doit être examinée et négociée par le Parlement européen et le Conseil (les États membres) avant adoption — les seuils d’âge, la limite d’une heure et le champ exact des services concernés peuvent donc encore évoluer (Touteleurope.eu). Sont en revanche exemptés les services d’accès à l’information, les plateformes éducatives et les encyclopédies en ligne : l’objectif n’est pas d’empêcher les enfants d’apprendre, mais de les protéger des mécaniques d’addiction. Autre pièce maîtresse : la vérification d’âge, via une application gratuite certifiée par l’UE (et demain le portefeuille d’identité numérique européen) — exit la simple déclaration sur l’honneur, à laquelle aucun gamin de 11 ans ne résiste aujourd’hui. En cas de non-respect, les sanctions prévues peuvent aller jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial des plateformes fautives.

4. Un pas de géant, mais pas une baguette magique

Reste à garder les pieds sur terre : l’exemple australien, qui interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans depuis fin 2025, montre que la mise en œuvre est difficile — la plupart des comptes de mineurs déjà ouverts y sont toujours actifs (Freshfields). Des associations de défense des droits de l’enfant saluent la direction (enfin une norme commune !) mais alertent : conditionner l’accès à une simple autorisation parentale risque de déplacer la responsabilité des géants du numérique vers… les familles. Et côté calendrier, l’adoption finale avant 2028 semble peu probable. En attendant, le message pour les parents, les enseignants et les collectivités reste simple : ce texte annonce un vrai changement de logiciel — le numérique pour enfants ne sera plus « le même que pour les adultes, en plus petit », mais un espace sûr par défaut, conçu pour eux. À ERIC32, on s’y prépare dès maintenant : la protection des plus petits en ligne est l’affaire de tous.


Sources principales : Commission européenne · Euronews · Touteleurope.eu · Clubic

Note illustrations : les trois visuels proposés sont disponibles sous licence libre (Pexels ou Freepik)

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